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ConcertAction Femmes Estrie

 
POURQUOI CETTE REVENDICATION?

En Estrie, le délai moyen avant de trouver un médecin varie de 58 jours à 361 jours selon les secteurs. Pourtant, les personnes vulnérables devraient être prises en charge en moins de 30 jours et les personnes non vulnérables devraient l’être en moins de 90 jours. Les compressions apportées par l’adoption de la loi 20 et les cibles irréalistes du ministre de la Santé ont accentuées la pression sur le réseau, ses travailleuses et ses travailleurs.

 

Sur les 413 médecins de famille nouvellement diplôméEs au Québec en 2017, seulement 9 ont été attribuéEs à l’ensemble du territoire estrien, soit le même nombre que la ville de Victoriaville. Ajoutés aux 10 postes qui seront accessibles à des médecins déjà en exercice, il y aura au total 19 médecins supplémentaires en 2018. Or, cela couvrira la moitié des besoins identifiés pour compenser les départs prévisibles et les retraites, alors que la région aurait besoin de 11 médecins à temps plein dans les hôpitaux et de 27 médecins pour faire de la prise en charge et de la première ligne dans les GMF, la clinique des réfugiéEs et les CLSC.

 

De plus, 25 % des médecins de famille en Estrie font aussi de l’enseignement, de la recherche et travaillent en milieu hospitalier, ce qui ne leur permet pas de prendre en charge les 1500 personnes prévues dans les règles de calcul du Plan régional d’effectifs médicaux. Les règles de calcul du MSSS ne tiennent pas compte de ces particularités régionales, ce qui tend à amoindrir les besoins réels.

 

L’enjeu est également grand concernant l’accès à un médecin pour des patientEs orphelinEs. Par exemple, la quasi-totalité des cliniques médicales dans la région de Sherbrooke réserve maintenant ses plages sans rendez-vous à la clientèle inscrite auprès de ses médecins. Pour voir un médecin, ces personnes doivent alors se tourner vers la superclinique ou les urgences, ce qui n’aide en rien au désengorgement du système.

 

POUR ALLER PLUS LOIN...
Trouver un médecin de famille, CIUSS de l'Estrie CHUS
Vos droits en santé, site de références en défense des droits des patientEs
 
► Rapport annuel d'activités 2016-2017, Protecteur du citoyen
► ​Rapport : Améliorer le processus d’inscription auprès d’un médecin de famille, Protecteur du citoyen
► La rémunération des médecins québécois, note socioéconomique de l'IRIS

Alors que plus de 92% de la population de la région de Brome-Missisquoi a maintenant accès à un médecin de famille et que la moyenne estrienne est de 85,67 %, quatre réseaux locaux de la santé de l’Estrie n’ont tout de même pas atteint la cible de 85 % du MSSS. De plus, les besoins sont criants en matière de santé, notamment pour les femmes et les populations plus vulnérables. Même la Protectrice du citoyen constate que l’équité dans la prise en charge des personnes par des médecins de famille n’est toujours pas assurée, notamment en ce qui a trait aux personnes vivant avec une maladie mentale ou atteintes de pathologies multiples, qui demeurent encore plusieurs années sur la liste d’attente, malgré leur cote de priorité élevée.

 

Plus d’efforts doivent être mis en place pour donner l’accès universel à un médecin de famille sur l’ensemble du territoire estrien et le gouvernement doit offrir des outils pour le faire, tant aux gestionnaires, aux médecins qu’à l’ensemble des travailleuses et des travailleurs du réseau de la santé. Le système peine à se remettre des multiples compressions exigées par les années d’austérité et c’est en réinvestissant massivement dans le réseau que les besoins de la population seront davantage répondus.

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