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ConcertAction Femmes Estrie

 
POURQUOI CETTE REVENDICATION?

L’analyse différenciée selon les sexes (ADS) a été identifiée pour la première fois à Beijing en 1995 dans le plan d’action de la 4e Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes alors que des outils pour favoriser l’atteinte de l’égalité étaient recherchés.

 

Plus de vingt ans plus tard, le Québec doit réaffirmer son engagement, mobiliser les instances et des ressources, tant humaines que financières, et se munir d’instruments formels de gouvernance pour implanter l’ADS+ dans l’élaboration de lois, règlements, mesures, projets, etc. De plus, il a été constaté dans la pratique que l’intégration d’une telle approche ne se fait pas systématiquement dans toutes les étapes d’un projet. La majorité du temps, l’ADS+ est appliquée à l’origine du projet, mais son utilisation diminue souvent lors de la phase d’analyse, de suivi et de recommandations.

 

L’ADS+ est souvent présentée comme un simple outil de gestion. En visant à inscrire l’égalité entre les femmes et les hommes au cœur du processus décisionnel, l’ADS est bien plus que cela! Elle permet de recueillir des données ventilées selon le sexe, tant quantitatives que qualitatives et elle « attire l’attention sur les effets sexués des politiques. Elle éclaire ainsi la prise de décisions et l’oriente vers des interventions qui maximisent ses retombées égalitaires ».

 

Même si l’intégration de l’ADS+ au sein d’une instance implique du temps de formation et d’accompagnement en premier lieu, l’intégration de l’ADS+ ne demande aucun effort supplémentaire, puisque cette approche aura alors été comprise par les membres de l’équipe et fera partie intégrante des approches et des manières de travailler au quotidien.

 

En ce moment, l’ADS+ est davantage considérée comme une charge administrative supplémentaire puisque son intégration est combinée aux réformes et aux réorganisations des instances territoriales, dans un contexte de coupures et de restrictions budgétaires. Il est donc impératif d’augmenter le soutien dans son implantation complète, afin qu’elle ne soit pas réduite simplement à la production et à la présentation de données ventilées selon les sexes. Même si celles-ci sont essentielles, elles ne sont toujours pas universellement disponibles ; dans certains cas, elles n’existent pas et dans d’autres, elles sont colligées, mais non accessibles. Elles sont surtout insuffisantes sans une analyse incluant les rapports sociaux de sexes.

 

L’adoption d’une perspective féministe intersectionnelle, capable d’intégrer et de mieux concilier les impacts des différents systèmes d’oppression que subissent les femmes, s’impose pour considérer leurs réalités différenciées au sein d’un système dans lequel perdurent encore les inégalités de pouvoir entre les sexes. Cette analyse est essentielle dans la construction d’une réelle égalité.

POUR ALLER PLUS LOIN...
Projet ADS, un site d'éducation populaire développé par le Centre D’Main de Femmes à Salaberry-de-Valleyfield
Guide synthèse de l'ADS, par le Secrétariat à la condition féminine
► L’analyse différenciée selon les sexes (ADS) : où en sommes-nous dix ans après ?, par l'IREF et Relais-Femmes
Comment utiliser l'ADS dans les organisations de la CSN et les syndicats locaux, dépliant et powerpoint disponibles en ligne
► Boîte à outils sur le développement régional et l’analyse différenciée selon les sexes, par ORÉGAND
► Quelles sont les différences entre l'intervention féministe et l'intervention féministe intersectionnelle? Apprenez-en plus ici!
VIDÉO : «L'urgence de l'intersectionnalité», conférence de Kimberlé Crenshaw (18min50)
Le vidéo est en anglais ; il est possible d'ajouter des sous-titres en français (ou autre langue) à même le vidéo. Bonne écoute!

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