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ConcertAction Femmes Estrie

Élections fédérales 2019 | Plateforme de revendications

2. Pour une solidarité avec les femmes autochtones!

C’est avec détermination, courage et amour que les communautés autochtones dénoncent les situations de violence vécues par les femmes autochtones depuis trop longtemps. 

 

Racisme, climat d’impunité, manque de ressources adaptées et d’accès à la justice... Des centaines de témoignages sont consignés dans des rapports de Commissions d’enquête fédérales, provinciales et d’organismes non gouvernementaux.

 

DES CENTAINES DE RECOMMANDATIONS!

 

Le gouvernement du Canada a entre ses mains de précieux outils pour l’accompagner dans la mise en œuvre de politiques concrètes pour améliorer les conditions de vie des femmes, des filles autochtones et de leurs communautés. Une liste des recommandations issues de 98 rapports de Commissions d’enquête au Canada depuis 1991 est disponible dans le rapport préliminaire (2017) de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

2.1 Agir rapidement pour faire cesser la stérilisation des femmes autochtones sans leur consentement.

« Il est pourtant clairement prouvé que des centaines, voire des milliers, de femmes autochtones au Canada ont fait l’objet de stérilisations forcées et que ces pratiques mises en place dans certaines provinces et territoires canadiens (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Nunavut, Territoire du Nord-Ouest et Yukon) avaient pour but précis de contrôler le corps, la santé reproductive et le nombre d’Autochtones pour des raisons idéologiques (la pauvreté est nuisible) et économiques (les Premières Nations, les Métis et les Inuit coûtent cher). Les travaux de la professeure universitaire Karen Stote (2015) démontrent bien ces corrélations. »  (Radio-Canada, février 2019)

 

En plus des femmes autochtones, ce phénomène de violence obstétricale touche aussi particulièrement les femmes travailleuses du sexe, en situation de handicap et vivant dans des situations de pauvreté.

« Je me suis sentie trompée. J'ai l'impression d'avoir subi de la pression pour que je fasse quelque chose qui n'était pas dans mon intérêt.» [i]

16 % des féminicides entre 1980 et 2012 visaient des Autochtones. Elles ne représentent pourtant que 4 % de la population de femmes au Canada. Le phénomène s’accroit de façon alarmante. On estime actuellement, en 2019, qu’elles représentent près de 25 % des victimes d’homicides.[ii]

 

Un thème des recommandations synthétisées par l’Enquête nationale concerne la nécessité d’indemniser les membres des familles et/ou d’avoir un fonds de guérison pour les survivantes et les familles.

 

Voici quelques exemples de recommandations :

 

► Mettre en place d’un fond d’indemnisation et de guérison pour les familles des femmes autochtones disparues et assassinées (s’assurer de l’accessibilité et de la transparence dans l’administration de ce fond.)

► Établir un centre de guérison ou un site commémoratif pour les membres de toutes les familles.

► Rendre accessibles des programmes récréatifs, thérapeutiques, d’éducation supérieure pour les enfants des femmes

2.2 Déployer toutes les ressources nécessaires pour soutenir les familles des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées.

AGIR MAINTENANT!

Pour agir en solidarité avec les communautés, il est d'abord important de reconnaître la validité de leur parole, de leurs besoins et des solutions exprimées.

 

Le gouvernement du Canada saura-t-il agir concrètement pour la justice, la dignité et l’égalité des femmes autochtones et de leurs communautés? Comment saura-t-il écouter les besoins exprimés et déployer des ressources adaptées dans le respect du processus de guérison propre à la culture de chaque communauté?

 

 

[i] « Une autre femme autochtone soutient avoir été stérilisée contre son gré », Radio-Canada, décembre 2015.

[ii] Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, 2019

GROUPES EN ACTIONS!

Depuis plus de 500 ans, contre vents et marées, les membres des communautés autochtones résistent à l’assimilation coloniale. Si leurs voix et revendications parviennent jusqu’à nos oreilles aujourd’hui, c’est grâce à la force et au courage des hommes et des femmes qui ont su s’organiser pour le bien-être de l’ensemble des membres de leurs communautés.  Il existe plusieurs formes d’organisations qui peuvent représenter les communautés. Certaine sont dites « institutionnelles », telles que l’Association des Femmes autochtones du Canada (AFAC) et Femmes autochtones du Québec (FAQ). D’autres formes d’organisation sont dites « traditionnelles » et propres à la culture de chaque communauté. 

En Estrie, l'Alliance culturelle autochtone de l'Université Bishop's est un groupe d'étudiantes et d'étudiants autochtones impliqué.e.s qui a entre autres organisé une vigile dans le cadre de la Journée de commémoration pour les femmes autochtones disparues et assassinées du 4 octobre 2018. Ils et elles sont également actives lors du "Orange shirt day" le 30 septembre, une Journée de commémoration pour les victimes des pensionnats.