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ConcertAction Femmes Estrie

Manifeste de la ménagère et de la travailleuse domestique

Réalisé par le comité Marche Mondiale des femmes Estrie

Entrevue avec Manon Brunelle 

Coordonnatrice de Illusion Emploi Sherbrooke

«Qui sont les travailleuses domestiques aujourd'hui?»

Entrevue avec Camille Robert 

Doctorante en Histoire de l'Université du Québec à Montréal

Partie 1/3 «Qu'est-ce que c'est aujourd'hui le travail ménager?»

Partie 2/3 «Dans une perspective historique des mouvements féministes québécois, quelles sont les améliorations majeures au niveau du travail ménager? »

Partie 3/3 «Quelles seraient les pistes de solutions pour conscientiser les gens et les éduquer sur toute la question du travail ménager?  »

Pour plus d’informations, nous vous laissons des ressources très intéressantes sur la question du travail invisible et des travailleuses domestiques :

  • Le Centre International de Solidarité Ouvrière (CISO) avec sa campagne de 2017-2018

  • L’Organisation internationale du Travail (OIT) et ses nombreuses études sur la question 

  • L’Association pour la défense des droits du personnel domestique (ADDPD) a produit quelques mémoires au sujet des travailleuses domestiques et des aides familiaux

  • Vidéo complet Camille Robert

  • Vidéo complet Manon Brunelle

  • L’Organisation des femmes philippines du Québec (PINAY) est un organisme à but non-lucratif ayant pour mission l’autonomisation des femmes philippines, particulièrement les travailleuses domestiques

  • En collaboration avec PINAY et le Service aux collectivités de l’UQAM, un rapport de recherche a été produit

  • Le documentaire « Les petites bonnes asiatiques, invisible esclaves modernes »

Aujourd’hui, 24 avril;

Journée de 24 heures d’action féministe;

Journée de commémoration pour les femmes travailleuses de l’industrie du textile et victimes de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en 2013;  

Journée pour rendre hommage;

Journée pour souligner le travail des femmes.

Seulement 24 heures pour dénoncer les méfaits du capitalisme.

Seulement 24 heures pour dénoncer les méfaits du patriarcat.

Seulement 24 heures pour dénoncer les méfaits du colonialisme.

Seulement 24 heures pour sensibiliser aux réalités des femmes ménagères et dénoncer l’exploitation internationale des travailleuses domestiques.

Le monde capitaliste, patriarcal et axé sur la performance incite à penser principalement au bien individuel plutôt qu’au bien collectif. Ces systèmes organisent la société pour mettre de l’avant les hommes dans les sphères de pouvoir et leur donner le statut de principal pourvoyeur.

Nous, les femmes, voulons s’émanciper, s’éduquer, travailler et aspirer à une vie en dehors du rôle d’épouse, de mère, de ménagère et de gestionnaire de la sphère privée. Et que dire de la charge mentale : cette impression d’avoir le cerveau en action 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Cette liste intangible sans fin occupant notre esprit : faire le ménage, aller chercher les enfants, laver la vaisselle, plier le linge, penser au menu de la semaine, faire l’épicerie, penser à prendre rendez-vous chez le dentiste, sortir le chien, etc. Cette charge mentale peut créer des tensions et des conflits quand il est question de l’expliquer, de la communiquer.

Sans partage des tâches ménagères, l’émancipation des femmes n’est pas complète puisqu’il y a nécessité de travailler une double journée : arrimer l’emploi rémunéré avec le travail ménager. Bien que la participation des hommes au travail ménager ait augmenté, les femmes sont encore celles qui assurent la plus grande partie de ces tâches ménagères selon plusieurs études.

Dans certains cas, la décharge de la charge mentale et du travail ménager est déléguée à une travailleuse domestique. Au Canada, il y en aurait environ 150 000 dont 25 000 au Québec et 80% d’entre elles sont migrantes, souvent en provenance des Philippines.

Même si dans certains cas, tout se passe bien pour elles, il existe un marché international d’exploitation des femmes migrantes qui se soucie peu du bien être des travailleuses domestiques. Elles se voient confrontées à des situations d’esclavage moderne; traitées comme une simple marchandise ou des bonnes à tout faire. Dans des situations extrêmes, elles sont exploitées, cumulant journée de travail après journée de travail sans même avoir de congé tout en étant sous payées. Bon nombre de ces femmes se retrouvent isolées, confinées à habiter chez leur employeur, sans connaître leurs droits et confrontées à une langue étrangère.

Des mesures doivent être mise en place pour que les travailleuses domestiques soient protégées, pour éradiquer cet esclavage moderne, pour alarmer le gouvernement canadien. La ratification de la Convention n° 189 est essentielle pour offrir une protection spécifique et fixer les droits fondamentaux des travailleuses domestiques.

Alors, aujourd’hui, rendons hommages à toutes ces femmes, à toutes ces travailleuses. Brisons l’image du mari-pourvoyeur et de la femme-ménagère puisque les femmes sont des travailleuses au même titre que les hommes. Dénonçons cette iniquité, ce manque de valorisation et cette banalisation du travail ménager. Éduquons sur ce que représente la charge mentale et partageons-la équitablement au lieu de la déléguer aux travailleuses domestiques. Faisons pression pour que ces dernières aient des droits, des meilleures conditions de travail et des jours de congés.

Le temps des femmes confinées à la sphère privée est révolu. Évoluons, éduquons et unissons-nous pour que les structures changent, pour que les mentalités changent, pour que la socialisation genrée soit brisée.

En ce 24 avril, nous exigeons :

L’adoption de la Convention n° 189;

Une reconnaissance et un partage équitable du travail ménager;

Un partage de la charge mentale;

Une reconnaissance des travailleuses domestiques;

Une reconnaissance des travailleuses;

Une reconnaissance des femmes.

- Comité de la Marche mondiale des femmes Estrie, avril 2019